e-écran de confinement

C'est tout l'espace / temps qui est modifié dans ces moments de confinement. Nous découvrons qu'il est plus difficile de rester immobile que de bouger. Le temps a cessé d'être simplement linéaire. Il se fige et se replie en circonvolutions multiples, superposées. S'emmêlent les venir  sou-venir  a-venir et re-venir. Il va et vient et nous emporte à l'endroit et à l'envers. Où suis-je? L'écran de mon smartphone est noir. Mais regardez, regardez! Il y a plein de traces, de taches et de marques sur mon écran noir, éteint.

 

De ecran 1

quelques

traces

De ecran 2

du bout

des doigts

De ecran 3

toccata

musicale

 

reflets

ou

réalités

Dse ecran 1 1

des sourires

des grimaces

palpitent

Dse ecran 2 5

l'écran

nous tire la

langue

Dse ecran 3 1  
De ecran 4

voyez

qui nous

aborde

De ecran 5

On nous

parle

De ecran 6 entendez-vous?  

inaudible ?

indicible ?

Dse ecran 4 2

mais

compréhensible

Dse ecran 5 2

question

d'interprétation

Dse ecran 6 4  
De ecran 7

l'écran

cache ?

De ecran 8

l'écran

montre ?

De ecran 9

de quel côté

êtes-vous?

 

les images

sont

palpables

Dse ecran 7 1

apparitions

et

disparitions

Dse ecran 8 1

de qui

s'agit-il ?

Dse ecran 9 1  
De ecran 10

ce sont juste

des traces

des glissades

De ecran 11

des  pulsations

cardiaques

De ecran 12

entre

silence et

crescendo

 

le noir est

plein de

brillances

Dse ecran 10 1

 jeux de positif

îles en négatif

Dse ecran 11 1

présences

mouvantes

Dse ecran 12 2  
De ecran 13

les lumières

alternent avec

les ombres

De ecran 14

puis l'ombre

devient

lumière

De ecran 15

tout se

transforme

 

nouvelles

présences

Dse ecran 13 1

en

confinement

 

Dse ecran 14

dans et sur

écran

Dse ecran 15 1  

 

En confinement je suis partie en longues traversées de l'art en histoire de l'art, réflexions  sur les traces des peintres et artistes.

Et voilà que les mots "réfléchir", "réflexions" et "traces" se libèrent du langage, le traversent et passent de l'autre côté des écrans miroirs, écrans noirs, soit disant éteints.  Ces mots se transforment en réalité tactile et visuelle. Traces et réflexions bougent avec la lumière et révèlent des présences, des naissances d'êtres souvenirs et à venir. Quelqu'un ou bien une foule va et vient, telle les mouvements de la nuit, vivante et remplie d'étoiles.  Paradoxe de la lumière qui arrive à éteindre le ciel infini. Paradoxe des écrans allumés, temporels, linéaires qui cachent l'imaginaire. Les très nombreuses présences et scènes qui émanent des écrans sont captées par dessins puis relancées en sauts périlleux vers de nouveaux écrans pour d'autres révélations, numériques cette fois.

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